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Saudades
Saudades
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Encaustique et huile sur panneau de bois. Sans cadre. 40 cm x 40 cm.
Saudades, de l'artiste américano-argentin Miguel Perez Lem, se déploie avec la gravité silencieuse d'un souvenir qui peine à s'effacer. Sur le fond chaud et subtilement moucheté d'un panneau de bois, le torse féminin tronqué se dessine dans un clair-obscur doux, d'une intimité remarquable. En dissimulant le visage, Perez Lem transforme le corps en un réceptacle de la mémoire – intime et insaisissable, présente et pourtant fuyante.
L'artiste emploie une technique de superposition qui débute par un dessin au fusain sur le panneau de bois, l'anatomie sinueuse étant articulée par des traits profonds et veloutés. Par-dessus, il applique de la peinture à l'huile, laissant les nuances lumineuses de la peau éclore du fond de fusain. Une dernière couche d'encaustique se dépose sur la surface comme un voile translucide, donnant l'impression que l'image est suspendue dans le temps – fragile, préservée et empreinte de nostalgie.
Le mot saudade — ce terme portugais intraduisible qui exprime un profond désir empreint de tendresse — devient le prisme à travers lequel l'œuvre entière est perçue. Les paroles délicatement inscrites de « Saudade de Você » de Coquetel Diamante courent verticalement le long du bord droit de la composition. Le vers « eu mato o tempo desenhando seu rosto num pedaço de papel » constitue l'axe émotionnel de la pièce. Traduit librement par « Je tue le temps en dessinant son visage sur un bout de papier », ce vers devient une confession murmurée, une trace poétique d'une personne qui n'est plus physiquement présente, mais que l'on revit sans cesse à travers la mémoire et l'imagination.
Le motif évoquant un tatouage, qui ondule le long de la hanche, crée un contrepoint rythmé, presque calligraphique, à la douceur de la peau. Il ancre l'image dans une histoire personnelle tout en suggérant les récits inscrits dans et sur le corps.
Saudades est une œuvre empreinte de tendresse et de présence mêlée à l'absence. Perez Lem y saisit la douleur complexe du souvenir : comment nous revenons vers ceux qui nous manquent, comment leur image persiste, et comment, même en oubliant, nous les faisons revivre.
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